L'Espoir du Damné... - Seul, il marche. Au travers un marais sombre sur St Denis un dimanche quelques moments avant l'aube, il traverse les couloirs d'une maison antique donc les vies antérieures font

 

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L'Espoir du Damné...

Rédigé par Ouankwan
Posté le lundi 07.11.05 à 06h12
Message n° 28084

Seul, il marche. Au travers un marais sombre sur St Denis un dimanche quelques moments avant l'aube, il traverse les couloirs d'une maison antique donc les vies antérieures font craquer le bois. Il marche. Sans lunettes, il voit à l'aveuglette. Il s'enfarge sur une table, une chaise, la jambe gauche moisie de son propre cadavre. Il marche avec espoir de survivre un autre instant, avec espoir de quitter ces lieux sombres et revoir la Lumière. C'est en me vengeant du Diable, se convainc-il, que le ciel redeviendra bleu.
Dans chaque recoin, Ça pourrait se cacher. Cette ombre, ce démon, cette créature au sang de soufre. Jamais Son visage ne s'efface de la mémoire de celui auquel Ça choisi de se montrer. À jamais, les cicatrices de ses attaques déforment les pensées des ses victimes. Son coeur touché, est maintenant noir comme une brume de cendres. La mort semble si belle et coloré pour celui-ci, celui donc la Lumière s'est transformée en vide incolore. Creusant sa tombe de ses propres mains, il souhaite s'y trouver à l'intérieur. Il est impatient d'en faire son lit.
Il entend l'Appel sous la forme d'un cri horrifié. Au travers la fente au sol d'une porte blanche écarlate, il aperçoit cette lueur invitante. De crainte d'un piège, il l'ouvre doucement. La lumière est aveuglante. Pour un instant, il se croit avec Dieu. Mais c'est alors qu'il réalise que la lumière éclatante n'est que son propre reflet, qui brille dans la lame d'un couteau bien tranchant. Il regarde dans les yeux celui qui tient le manche, comme s'il se voyait dans un miroir qui déforme. Sur sa langue, il goûte le goût amer du fruit fermenté de la peur du Damné. Couché sous la lame, il remarque l'enfant, allongé paralysé de terreur sous le corps des ténèbres. L'enfant lui rappel un souvenir, distant et intouchable. Il tente de comprendre mais la douleur est trop fraîche, même sans le soutient des souvenirs. Et c'est alors qu'il saisi : « L'enfant, c'est moi! Il va tuer mon innocence! »
Pris d'une fureur incontrôlable, il se lance sur le démon! Ce soir, se dit-il, le Diable va mourrir pour de bon! Il le frappe, l'étrangle, lui crève les yeux et lui arrache la tête. La haine lui fait perdre raison. « C'est toi, qui m'a corrompu! » Il le déteste, cette pourriture, cette blatte immonde qui se nourri de l'innocence. Il ramasse le couteau, celui qui brillait de sa Lumière et qui sera bientôt trempé de sang. Il poignarde, encore et encore, jusqu'au moment ou ses bras n'en peuvent plus, où il s'écroule sur le morceau de viande ensanglanté. Il regarde le visage, ou ce qu'il en reste, du monstre qui le hantait depuis sa tendre jeunesse. Le visage lui souri, comme fière de son coup. Ne comprenant pas, il se tourne vers l'enfant.
Les yeux vitreux, l'enfant le fixe sans expression. Sa peur lui glace le sang. Il comprend trop tard la ruse du Diable. Il s'est fait piégé. En combattant le monstre, lui-même est devenu monstre. Il se met à pleurer. Il pleure, pleure sans retenu. Il lève ses yeux vers le ciel, ou ce qu'il croit être le ciel, et lance un dernier cri désespéré, une prière de dernier espoir : « Dieu, je vous supplie, du peu d'Amour qu'il reste dans mon Être, prenez la et faite la germer dans le Coeur de cette enfant. » À ce dernier mot, son Âme disparait dans une couverte de Lumière vers le Coeur de l'enfant. Le corps du Damné servira d'engrais, mais au moins ce qu'il lui restait d'Amour aura trouvé une meilleure vie. L'orage était violent, mais demain il va faire beau.
Ce n'est que quelques heures plus tard que l'enfant se réveille. Sa mère l'appel de la cuisine. Comme à tout les dimanches, elle a préparé des crêpes pour déjeuner. Il descends les escaliers deux par deux. Il s'empiffre sans soucis sous le regard bienveillant de l'amour maternel. Déjà, le songe de la nuit est oublié. Dehors, c'est orageux. Il aurait aimé voir le Soleil ce matin. Une pensée, comme un distant souvenir, lui traverse l'esprit : « Au-dessus des nuages, le ciel est toujours bleu. » Il s'imagine flottant dans l'infini. Il est heureux. L'avenir lui appartient. Demain, il va faire beau.

-Ouan Kwan


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