Savoir prendre son temps - Namasté, j'aborde ce soir un tout autre sujet... Le temps, certes on croit savoir ce que c'est, et certes si on approfondit on s'apperçoit qu'on ne sait pas

 

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Savoir prendre son temps

Rédigé par Eiffel
Posté le vendredi 15.06.07 à 23h06
Message n° 32948

Namasté,

j'aborde ce soir un tout autre sujet... Le temps, certes on croit savoir ce que c'est, et certes si on approfondit on s'apperçoit qu'on ne sait pas grand chose. Pour autant, il n'est pas indispensable de savoir comment fonctionne un moteur pour conduire une voiture. Encore heureux ! :-)) Et donc, il n'est pas du tout indispensable de savoir ce que c'est que le temps pour vivre dedans, en "perdre" ou en "gagner".

notre sujet de ce soir, quoi :-))

la croyance populaire est basée sur la matérialisme et l'amassement, donc sur l'attachement et la sensation de propriété, donc sur le quantitatif. En gros on voit le temps comme une contrainte nous empéchant d'en faire "toujours plus". Alors on bacle. On rentre le soir du boulot, nazz, pas réceptif, puis on met la radio tout en allumant l'ordinateur, et on écoute ses messages sur son répondeur téléphonique en ouvrant le courrier. Tout en même temps.

Ainsi on a l'impression de ne pas "perdre" de temps.

Pour autant, si on regarde un peu mieux, que se passe-t-il au bout du compte ? La radio marche, mais on ne l'a pas vraiment écoutée. Les mails on les a lus vite fait, et on en a un peu raté le contenu. Quant au courrier on l'a lu tellement vite fait que ce week-end il faudra le relire de toute façon.

En clair, c'est comme si on n'avait rien fait du tout. Mais ça a pris du temps quand même...

De même, la semaine dernière je dinais chez une amie qui aime toujours à me taquiner parceque je mange lentement. Déjà, médicalement on le sait, prendre simplement le temps de ressentir le gout des aliments informe l'organisme qui se prépare mieux à la digestion. Et la mastication allège grandement l'effort de l'estomac, on optimise donc, quelque part, son énergie interne.

Mais si ce n'était que ça...

Un prof de théatre nous a un jour fait faire un exercice assez simple. Par exemple on mime qu'on est en train de passer le balais. Jusque là, pas bien transcendant... Puis ensuite on refait pareil, mais plus lentement. Le geste qui prenait 1 seconde désormais en prend 2. Au début on est pris dans cette sorte de frénésie de tout envoyer valser rapidement. Mais bon, il faut faire l'exercice, alors on persiste. Puis au lieu de se brider et de se retenir, bientôt c'est notre horloge interne qui change. On se ralentit, on s'apaise. A poursuivre ce balayage virtuel, on se retrouve tout soudain dans une sorte de sérénité tout à fait inattendue. On se découvre alors une application insoupçonnée dans un balayage inutile et virtuel. On remarque des mouvements que l'on avait fait des milliers de fois auppavent sans jamais s'en appercevoir. On réalise soudain que tel ou tel muscle est utilisé ici et non là.

On acquiert alors une acuité tout à fait hors du commun.

Lorsque je proposais des consultations, à certaines personnes je faisais faire un exercice similaire. Voilà, vous vous levez, puis, là, debout, vous marchez deux mètres. Une fois que la personne l'eut fait, je touchais une partie de son corps, genre un homoplate ou un genou, en lui demandant : est-ce que cette partie du corps a travaillé pendant votre marche ? Euuhhhh.........
Allez, refaîtes deux mètres de plus. Ah, oui, en effet, je n'avais jamais remarqué que mon homoplate glissait sous mes muscles dorsaux pendant que je marchais ! Et ici demandais-je alors en pointant une autre partie du corps. Euuhhh.......... Allez, encore deux mètres.

A ce petit jeu là, au bout de dix munutes, la personne mettait un temps fou à faire ses deux petits mètres, ayant touché une conscience exacerbée de son corps. Et ceci juste pour y avoir fait attention, pour y avoir été invité. Naturellement cet accroissement de conscience s'était ensuivi d'un ralentissement important de son "temps propre", de son horloge personnelle. Ainsi qu'un calme qui le plus souvent surprenait grandement la personne elle-même lorsqu'elle s'en appercevait.

Et c'est exercice, absolument n'importe qui peut le faire, et n'importe quand...

Le simple fait de marcher quelques mètres, mais en étant conscient, atteint alors une sorte de transcendance. Ce n'est plus simplement marcher, c'est devenir le marcheur dans toute son intégralité. Si l'on poursuit cet exercice pourtant éminament simple, il arrive alors un moment où les pensées parasites s'arrètent. On a conscience de tout son corps, de chaque fibre, du tissu qui le recouvre, de ses appuis au sol, de son coeur qui bat et du corps tout entier qui vibre à son rythme, etc...

L'instant présent.

L'état ressenti est alors complètement expurgé de tout jugement, vide de toute émotion, on est dans un "état second", qui est du reste notre "état premier". On touche de doigt ce que l'on nomme la "béatitude". De fait, on est en train de vivre "à fond", d'être intensément et intégralement vivant. De se sublimer.

Le temps est alors rempli, et plus que rempli, il déborde, il atteint un paroxisme. En faisant un simple geste on en fait des milliards, et on le sait, et surtout on le vit. Ce temps-là est donc vraiment utilisé, lui. Plein, rempli sur qu'à la lie, à ras-bord.

Alors que celui qui marche rapidement, pensant faire une économie de temps, consomme de ce temps mais n'est pas vivant, il ne perçoit rien de tout cela, il est ailleurs, déjà parti dans le futur, ainsi que dans la négation de son présent qu'il rejette ... sous prétexte que ce déplace lui fait "perdre" son temps. Il est dans la négation de soi, de son être, et de la réalité.

Ainsi, comme d'habitude, celui qui cherche à "gagner" du temps, au final, en perd, et le gache, le gaspille. Si au contraire on sort du quantitatif pour trans-passer dans le qualitatif, alors une simple marche à pied devient un instant de pur bonheur, du temps merveilleusement rempli. Ce qui aurait pu être considéré comme "perdre" son temps est en fait le "gagner". Et même plus que gagner, sublimer, transcender.

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C'est en ça que l'expression "prendre son temps" est fondamentalement juste. Le prendre. Comme on prend un objet dans sa main, on prend le temps dans soi. Et comme si on ne le prend pas cet objet nous échappe, le temps que l'on ne prend pas est du temps qui nous échappe, pendant lequel on ne vit pas.

Naturellement, si cela peut être fait dans un acte aussi simple que la marche à pied, cela peut l'être pour tout. Lire plus lentement mais plus profondément. Parler et entendre le son de sa voix. Et surtout se donner de l'écoute tant pour soi que pour autrui. Se doucher ou se coiffer devient une découverte de son corps et non plus une corvée. D'ailleurs, vous le savez, si on parle lentement, on va vers le calme et la sérénité. Alors qu'un phrasé rapide et saccadé produit stress et épuisement, et surtout chute de l'attention. Manger... Réfléchir lentement, ne pas saccader des idées qui se sincoppent. Respirer...

Avez-vous déjà respiré lentement ? Non, vraiment lentement j'entends. Lorsqu'on le fait, au début, on suffoque ! Et puis peu à peu le corps se relaxe de lui-même pour moins consommer d'oxygène. Et en même temps on se met à inspirer bien plus profondément. Au lieu de 1 à 2 litres, ce sont les 7-8 litres de nos poumons tout entiers qui se mettent à circuler. Alors que d'habitude on mélange un peu d'air propre entrant de l'extérieur avec beaucoup d'air emprisoné dans les poumons. Quand on respire, on utilse son buste, son torse, ses pectoraux, son diaphragme, son ventre, ses abdos... Tout ! Regardez un enfant qui dort, regardez sa respiration... Regardez celle d'un chat qui dort... Vous voyez toute cette harmonie ? Et maintenant regarder votre ventre et votre poitrine devant la glace, mattez-vous en train de respirer... Vous voyez ? Ca se passe de commentaire...

Lorsqu'on respire lentement et profondément, après quelques minutes, une fois passée la phase de suffocation, on "plane", on se transcende. On s'harmonise...

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La phrase la plus accablante d'aujourd'hui est devenue : je n'ai pas le temps. Et parcequ'on n'a pas le temps on va plus vite et on fait mal, et on perd du temps et on n'en a encore moins...

Alors, et encore plus quand vous n'avez pas le temps...
...
prenez le ! :-))

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La vie c'est le mouvement, et le mouvement c'est le temps.

Alors soyons vivants, prenons nos vies dans nos mains.

quand nous parlons, quand nous marchons, quand nous respirons, quand nous faisons les innobrables petites actions de la vie de tous les jours...
...
prenons notre temps ˆ_ˆ

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ainsi s'achèvent cet hymne à la lenteur
en vous souhaitant de l'avoir lu lentement :-))
dans la sensualité envoutante de l'instant présent
je vous souhaite à tous une excellente nuit
faite de calme et de sérénité
et toute emplie de rèves langoureux :-))



Les réponses à ce message

 Cet apres midi par Lavatar le 16.06.07 à 10h35
 Pourquoi la rapidité existe-t-elle? par Leeloominai le 16.06.07 à 13h04
 Le temps est de retour ˆ_ˆ par Eiffel le 27.06.07 à 20h51

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